#1LaSalle

L’institut des Frères des écoles chrétiennes présente sa nouvelle campagne 1 La Salle, une initiative audacieuse menée par le Bureau de solidarité et développement, à la demande du frère Armin Luistro, supérieur général, et soutenue par La Salle Foundation et le Bureau de l’information et de la communication.

Forum sur l’accueil de jeunes migrants

À l’initiative de Philippe Delon, chargé de mission Odes (Œuvres et dispositifs éducatifs et solidaires), s’est tenu début avril le forum sur l’accueil des jeunes migrants à la Maison de La Salle. Une première qui a permis de faire le point sur les initiatives déjà existantes dans le réseau La Salle et de partager les joies et les peines de ces expériences uniques.

Canal : du renouveau chez les alumni

Canal réseau dans anciens Lasalliens

Le réseau des anciens lasalliens, baptisé Canal (Comité d’animation national alumni La Salle), prend un nouvel élan depuis le début de l’année. Et ce n’est pas pour déplaire aux premiers adhérents qui ont la ferme intention de se démener pour activer leurs réseaux et ainsi accroître la communauté de plusieurs milliers d’alumni potentiels. Toute personne passée par une école lasallienne est invitée à rejoindre cette fédération : les anciens salariés, enseignants, personnels Ogec (organisme de gestion de l’enseignement catholique), parents d’élèves, personnels administratifs, acteurs de la tutelle et bien sûr les élèves. La stratégie et ses enjeux avant tout ! Le 6 avril dernier, une trentaine de personnes sont venues de tout l’Hexagone à la Maison de La Salle à Paris. L’invitation, lancée par Aymeric Dezobry, président des Alumni La Salle France, Jean Chapuis de la Fondation de La Salle et le frère Claude Reinhardt, a réuni des anciens âgés de 24 à plus de 70 ans qui ont travaillé sur le développement et les priorités de Canal. Agir pour accompagner les jeunes, se saisir de tous les leviers afin d’articuler les anciens des établissements et le réseau national, œuvrer à la préparation d’événements et enfin communiquer en interne et en externe : voilà la feuille de route définie ce jour-là. « Rien de mieux que des ateliers configurés en “world café” pour planifier les tâches ! », a lancé le vice-président de Canal, Olivier Collet. C’est donc dans cette configuration en petits groupes que les participants ont couché sur le papier les plans d’action pour l’année à venir. Alors, si vous êtes un ancien et que cette actualité résonne en vous, n’hésitez pas à nous rejoindre en vous inscrivant sur www.lasallefrance.fr/alumni/

L’eau au cœur d’un chantier humanitaire

la motte servolex actualité

Du 10 au 23 octobre 2023, 12 élèves de bac pro du lycée professionnel La Salle Sainte-Anne de La Motte-Servolex ont quitté la Savoie pour l’Atlas marocain. Objectif : amener l’eau courante aux habitants d’Agdim, un village perché à 1710 mètres d’altitude. Agdim. Ce village isolé au sud de Marrakech compte 220 habitants qui, chaque jour, vont chercher l’eau au puits. Une corvée confiée aux femmes et aux jeunes filles qui se déscolarisent parfois pour la remplir. En partenariat avec l’association eauSoleil Rhône-Alpes fondée il y a 22 ans par des professeurs de lycée professionnel passionnés et aventuriers, un groupe de 12 lycéens de l’établissement La Salle Sainte-Anne et trois accompagnateurs ont installé dans le village une station de pompage solaire. Un travail mené à l’automne 2023 par des élèves, garçons et filles, des filières métiers de la sécurité et ICCER (installateur en chauffage, climatisation et énergies renouvelables), en collaboration avec les habitants d’Agdim. Concrètement, ils ont installé une pompe immergée dans un forage de 80 mètres de profondeur et alimentée en courant électrique par des panneaux solaires photovoltaïques. Cette pompe amène l’eau à un réservoir de 15 m3 situé sur les hauteurs. Un réseau de distribution parcourt ensuite le village pour alimenter en eau chaque maison. Sur le chantier, les jeunes ont ainsi valorisé les compétences développées durant leur formation : plomberie, électricité, planification du chantier, travail en équipe, mise en service du système, contrôle de conformité… Photo-souvenir devant le local technique qui contient la pompe et le forage. Fixés sur le toit, les panneaux solaires installés par les élèves alimentent la pompe en électricité. Sortir de sa zone de confort et rencontrer l’autre Mais « le technique n’est finalement que le support pour une riche aventure humaine », observe le professeur de thermique qui a accompagné le groupe. L’accueil réservé par les villageois a été très chaleureux. Leur gentillesse, leur sourire et leur enthousiasme ont fait oublier des conditions de vie un peu spartiates pour des Français. Immergés dans un monde et un mode de vie radicalement différents du leur, les jeunes ont vécu une aventure humaine très forte, où, même si les échanges étaient compliqués à cause de la barrière de la langue, le plaisir de la découverte mutuelle était au rendez-vous. « Nous avions un challenge important qui a motivé tout le groupe, explique Myron, élève en filière ICCER. C’est pour moi une expérience positive et très riche. Je suis fier d’avoir participé à ce projet qui m’a permis de développer ma tolérance et mon ouverture d’esprit grâce à la rencontre avec des gens si différents. » Les villageois ont quant à eux tous témoigné leur reconnaissance auprès des jeunes pour cette belle réalisation qui leur apporte un confort indéniable et libère du temps pour les femmes d’Agdim. Vincent Mora Les élèves assemblent les accessoires qui constituent la ligne qui envoie l’eau du forage jusqu’au réservoir. Les lycéens déroulent le tuyau PE qui, une fois enterré, véhiculera l’eau depuis le réservoir jusqu’aux habitations du village. Crédit photo : Association eauSoleil

« Un début de fraternité »

les enfants de la fraternité

Ce lundi 5 février, la Maison de La Salle à Paris a accueilli un groupe de jeunes de l’établissement La Salle Saint-Nicolas d’Issy-les-Moulineaux. Ce groupe était composé de dix jeunes du dispositif UPE2A et dix autres du Clal Jeunes. Ils étaient accompagnés du chef d’établissement, Michel Quinton, de son adjointe chargée du lycée professionnel, Frédérique Legallou, de l’enseignante responsable du dispositif UPE2A, Mme Burton, de l’enseignante responsable du Clal Jeunes, Mme Fiani, et de l’animateur en pastorale scolaire, Frédéric Jouin. L’objectif de cette matinée était de provoquer une rencontre : la rencontre entre des jeunes de deux mondes différents, aux histoires et aux préoccupations quotidiennes distinctes et qui, s’ils se croisent et se côtoient dans l’enceinte de leur établissement, ne vont pas si facilement à la découverte de l’autre. L’idée avait surgi lors d’une réunion de travail du Conseil de perfectionnement des UPE2A, qui propose de réunir périodiquement les membres impliqués des équipes éducatives des trois établissements de région parisienne qui disposent d’une UPE2A pour partager, échanger, participer à des activités communes, etc. Des activités qui favorisent la rencontre Le groupe d’Issy-les-Moulineaux s’était auparavant réuni afin de déterminer ensemble un programme d’activités. Les jeunes étaient assez vite tombés d’accord sur une promenade dans Paris, à la découverte de certains lieux incontournables qu’ils ont découverts sur le trajet entre leur établissement et la Maison de La Salle, mais aussi une rencontre-discussion avec le frère Jean-René Gentric et un repas en commun. Sans oublier une initiation au théâtre, véritable « accélérateur d’amitiés », pour reprendre les mots de Frédéric Jouin, ancien acteur professionnel, à l’origine de cette proposition. Les jeunes ont reçu un accueil convivial à la Maison de La Salle où les présentations ont été faites. Chaque groupe a ensuite participé en alternance aux deux activités proposées avant de se retrouver tous dans l’amphithéâtre pour un « retour à chaud » et des remerciements. C’est lors de ce temps de clôture que Michel Quinton a demandé : « Quel mot vous vient tout de suite à l’esprit pour qualifier ce que vous avez vécu ce matin ? » À quoi le frère Jean-René Gentric a répondu : « C’est un début de fraternité. » À poursuivre donc pour que ce « début » puisse pousser, grandir, s’épanouir et porter du fruit !

Grandir dans une école lasallienne en Terre sainte

Fêtes de Pourim et de mi-carême, déguisement pour tous les enfants en Terre sainte.

Le fait étonne parfois, mais oui, il y a en Terre sainte une centaine d’écoles chrétiennes. Qu’elles soient orthodoxes, latines, melkites ou évangéliques, dirigées par une congrégation religieuse ou sous la tutelle d’un diocèse, elles rassemblent des élèves dont près de 10 000, de la maternelle au tawjihi ou bagrout (baccalauréat palestinien ou israélien), apprennent le français. De Gaza à Nazareth, de Jérusalem à Naplouse, notre langue y est enseignée par des professeurs solides, enthousiastes, toujours intéressés par l’évolution de leur métier dans ce contexte complexe. Et parmi ces écoles, quatre établissements lasalliens sont présents depuis 1876 : à Bethléem, dans la vieille ville de Jérusalem, à Beit Hanina, commune limitrophe de Jérusalem, ainsi qu’à Tel Aviv, la fraternité lasallienne est vécue au quotidien par près de 4 000 élèves toutes confessions confondues.  Aujourd’hui, la présence bienveillante et alerte de Frère Raphaël, qui du haut de ses 94 ans navigue d’une école à l’autre, assistant aux réunions et répondant avec sagesse et astuce aux demandes de conseils de chacun, et de Frère Daoud, qui dirige le collège de la vieille ville de Jérusalem, est un ciment pour ces établissements. Crédit photo Réseau Barnabé Écoute, entraide et dialogue À Bethléem, ville fermée depuis le 7 octobre 2023, l’entraide est permanente. À l’instar des confinements dus à la crise sanitaire, chaque conflit apporte son lot d’inquiétude, d’enfermement sur soi. Au sein de l’établissement scolaire, comme dans ceux de Tel Aviv, Jérusalem ou Beit Hanina, un mot d’ordre : on se serre les coudes. Les professeurs ont ouvert des espaces de parole pour leurs élèves. Et même s’il paraît prématuré de se lancer dans des projets pour l’avenir, l’ouverture à l’autre et au monde reste présente dans cette pédagogie toute lasallienne.  À Tel Aviv, dans la magnifique vieille ville de Jaffa, le Collège des frères réunit une population de professeurs et d’élèves composée d’un tiers de juifs, un autre d’arabes chrétiens et un troisième d’arabes musulmans. Les initiatives pour créer un dialogue entre tous sont pléthore. En voici un exemple. En février dernier, la directrice Maha Abed réalise la concomitance des fêtes chrétienne de la mi-carême et juive de Pourim qui donnent chacune aux enfants l’occasion de se déguiser. Elle propose alors à l’équipe enseignante de laisser chacun libre de se parer de son plus beau costume : c’est ainsi que lors de notre dernière visite dans l’établissement, nous avons été accueillis par Batman, la Reine des neiges, des footballeurs célèbres, et même un bel Ottoman, professeur en CP. Il serait injuste de cantonner aux établissements lasalliens de Terre sainte la fraternité qui en fait la force. Tous travaillent à un objectif : grandir, s’élever, paisiblement, ensemble, quelles que soient les origines ou les pratiques religieuses des élèves. L’exemple le plus frappant est celui des quatre écoles chrétiennes présentes à Gaza. Une école orthodoxe, une seconde sous la houlette des Sœurs du Rosaire et deux autres du Patriarcat latin de Jérusalem accueillent dans leurs locaux des élèves qui, depuis début octobre, subissent tragiquement un conflit qui les dépasse. Puisse notre prière les soutenir dans cette épreuve. Alice de Rambuteau, coordinatrice du Réseau Barnabé, réseau de coopération entre l’enseignement catholique en France et les écoles chrétiennes de Terre saintePlus d’infos sur www.reseaubarnabe.org

Un clip pour fermer son clapet au harcèlement

Photo des élèves La Salle Valenciennes qui ont participé au clip contre le harcèlement

Une chanson de Maëlle, un gala de danse : c’est le point de départ d’un projet monté par une professeure d’éducation musicale avec des collégiens de l’établissement lasallien de Valenciennes. Deux temps, trois mouvements plus tard, ils réalisent un clip percutant contre le harcèlement scolaire. Tout est parti du gala annuel de danse qui s’est tenu en juin dernier au collège Saint-Jean-Baptiste de La Salle de Valenciennes. La chorale Les enchanteurs participait à l’événement. Du chant pour rythmer la danse, quelle heureuse idée ! L’émotion gagne Nathalie Vinche, professeure d’éducation musicale, lorsqu’elle entend ses élèves chanter L’effet de masse de Maëlle. Et tout devient évident : il faut réaliser un clip sur ce titre fort et engagé qui traite du harcèlement. Une équipe en ébullition C’est la fin de l’année, une course contre la montre s’organise. Emmanuel Vyvey, chef d’établissement du collège, séduit par le projet, le valide immédiatement. L’enthousiasme de Nathalie Vinche gagne ses collègues et l’équipe s’étoffe rapidement : Johanne Bricout, assistante d’éducation qui s’est déjà exercée à la réalisation de clips, et son mari ingénieur du son lui prêtent main forte. Mathias, un élève de 3e option journalisme, se charge des prises de vue et Élisabeth Gosse troque son équerre de professeure de maths pour le clavier d’un piano. Deux jours durant, les élèves s’en donnent à cœur joie et à pleine voix. Certains se révèlent, d’autres sortent de leur coquille et osent. « Nous nous sommes aperçus que le sujet du harcèlement touchait beaucoup les élèves, comme Célia qui s’est libérée au fil des séances de lourds souvenirs datant de l’école primaire, se souvient Johanne Bricout. Et nous avons découvert chez nos élèves de sacrés talents d’acteurs et/ou de chanteurs ! » Le résultat de ce travail a été présenté à l’ensemble de la communauté éducative de Valenciennes lors de la prérentrée. Et c’est un succès : de nombreux professeurs envisagent d’utiliser le clip comme support pédagogique, de même que l’infirmière scolaire. « L’idée, c’est aussi que d’autres établissements s’en servent comme support lors d’interventions contre le harcèlement », explique un professeur. L’appel est lancé ! Johanne Bricout, Caroline Dereumaux et Nathalie Vinche https://www.youtube.com/watch?v=zlYnGpt0feM

Nous pouvons tous être saints !

journée des fraternités la salle

320 frères et laïcs se sont retrouvés du 21 au 23 octobre 2023 à l’ensemble scolaire La Salle Saint-Étienne pour la rencontre nationale des fraternités. Ce rendez-vous bisannuel portait cette année sur l’Évangile de Jean « Le vent souffle où il veut ». Le lancement a été réalisé à distance depuis Rome. Le frère Joël Palud, conseiller général, et le frère Armin Luistro, supérieur général, ont emboîté le pas à Colette Allix, déléguée à la Fraternité éducative, et à toute l’équipe missionnée. À travers leur expérience de terrain, les frères des Écoles chrétiennes ont compris comment l’Esprit Saint les conduit à découvrir Dieu dans leur mission. 300 ans plus tard, le frère Armin en reste convaincu : « Vous découvrirez Dieu dans vos vies et dans vos missions », a-t-il conclu face à l’assemblée lasallienne attentive. Qui sommes-nous ? C’est la question à laquelle le frère dominicain Sylvain Detoc, premier intervenant de la session, a répondu lors de sa prise de parole. L’auteur de La gloire des bons à rien a bousculé son auditoire en revenant sur « les bras cassés » par qui le miracle arrive et sur certains personnages bibliques. « Et on s’aperçoit que dans le personnel de la Bible, ce n’est pas très glorieux », a-t-il ironisé. Mais, bonne nouvelle, Dieu veut que tous les hommes soient sauvés ! « Ceux qui en font beaucoup ne sont pas loués, ceux qui en font peu ne sont pas blâmés » a-t-il (r)assuré. Il y a donc une place de choix pour tous. Ils sont venus de toute la France profiter de la lumière divine de Saint-Étienne. De l’importance des « bras cassés » à la « Jesus’ attitude » « Ensemble, porteurs et garants ». Le thème de la deuxième journée était lancé. Le père Hervé Perrot, aumônier du Secours catholique, a rappelé qu’en France 1 enfant sur 5 vit en dessous du seuil de pauvreté et que cette pauvreté épuise. Pourtant selon lui, ils sont les forces qui nous obligent à être dans notre mission. « Le temps de l’autre sera notre temps. La pratique du frère est aussi importante que la pratique eucharistique », a souligné le père Hervé Perrot. Dans cette démarche, alors que les éducateurs sont parfois dans les turbulences du métier, il faut savoir se désencombrer pour accéder au silence et à l’autre. Bref, instaurer dans les établissements scolaires des moments propices à la réflexion et repartir à l’écoute des plus pauvres. Après un travail en atelier, les participants ont découvert avec le père Hervé la « Jesus’ attitude » : comme les apôtres, il faut entrer dans le pas de l’autre. Au départ, tout semble nébuleux, comme à l’enfant qui à sa naissance entend mais ne voit pas. Il lui faut du temps pour découvrir le monde tel qu’il est : c’est en cheminant avec l’autre que tout s’éclaire et que l’on comprend l’importance de l’attention et du bien que l’on prodigue. Le frère visiteur provincial Jean-René Gentric a réaffirmé l’importance des quatre composantes du socle sur lequel s’est construit l’identité de la famille lasallienne : sa fidélité à la mission, être des veilleurs et des éveilleurs, son unité et enfin la dimension spirituelle et la prière. Il a conclu cette session 2023 en interpellant le public : « Et moi, est-ce que je prends mieux conscience de la place de Dieu dans ma propre vie ? » Laurence Pollet et Lionel Fauthoux Exergue : « Ceux qui en font beaucoup ne sont pas loués, ceux qui en font peu ne sont pas blâmés » Crédit photo : Lionel Fauthoux Légende photo : Ils sont venus de toute la France profiter de la lumière divine de Saint-Étienne.

Pèlerinage du Rosaire : ils regardent l’autre

pelerinage du rosaire groupe

Temps fort de la cité mariale, le pèlerinage du Rosaire s’est tenu du 4 au 7 octobre 2023. Des jeunes du réseau, de la 3e au BTS, ont fait le déplacement pour se mettre au service des personnes âgées, des malades et des handicapés. Avec toujours un regard joyeux et bienveillant, tel celui posé par Marie. Foi, fraternité, service : les trois piliers lasalliens. C’est par la porte du service que 160 lasalliens ont répondu présents à l’appel des animateurs en pastorale scolaire. Venus en car des quatre coins de France (Saint-Brieuc, Auray, Issy-les-Moulineaux, Lille, Dole, Dijon et Toulouse) et encadrés par une dizaine d’adultes, ils se sont donné rendez-vous début octobre pour le pèlerinage du Rosaire. Organisé à Lourdes par l’ordre des Dominicains, ce grand rassemblement annuel est placé sous le signe de la foi et de l’autre : l’autre affaibli par l’âge ou la maladie, l’autre fragilisé par le handicap, l’autre sur lequel se tourne le regard. Comme un clin d’œil au thème lasallien de l’année, « Et toi, vers où regardes-tu ? ». Ainsi, avant de se vouer au service, les jeunes ont échangé avec une médecin de Toulouse qui accompagne au quotidien des personnes en fin de vie. Cette habituée du Rosaire les a enjoints de ne pas s’arrêter au premier regard, d’aller au-delà pour que se tisse la relation avec l’autre. Ce témoignage fort a été mis en pratique dès le mercredi 4 octobre lorsqu’il a fallu prendre en charge les pèlerins selon un emploi du temps spécifique à chacun. Une fois le petit déjeuner avalé, certains se sont dirigés vers les hôtels pour faire la connaissance de leur pèlerin et le conduire en fauteuil roulant ou en brancard à la messe d’envoi, à une conférence, aux piscines ou à la grotte. D’autres ont participé à la liturgie, tandis que les élèves de la filière sécurité de l’établissement Saint-Nicolas La Salle d’Issy-les-Moulineaux ont assuré la sécurité du pèlerinage. Une belle occasion de mettre en œuvre ce qu’ils apprennent en classe et d’acquérir de nouvelles compétences sur le terrain. Quand la complicité s’installe entre le jeune et le pèlerin Mais pour tous, c’est la rencontre qui est marquante, un moment unique où l’on s’apprivoise peu à peu et où l’on devient complices. « La personne âgée a tellement envie d’être écoutée ! s’exclame un jeune venu de Bretagne. Elle se confie, nous parle de sa famille, raconte des moments de sa vie… Si on prend le temps d’être là pour elle, on sent vite qu’elle est heureuse de parler. » L’écoute et l’attention aux plus fragiles, c’est ce qui a touché le frère Jacques Vincent Le Dréau, accompagnateur du groupe lasallien : « L’écoute est très importante lorsque l’on s’occupe de quelqu’un. L’écoute des jeunes n’était pas superficielle, ils étaient très soucieux de l’autre. Et j’ai été très étonné par les élèves chargés de la sécurité et leur manière d’accueillir les pèlerins : prévenants et attentifs. Tout en faisant leur job : une jeune fille m’a gentiment demandé d’ouvrir mon sac pour vérification ! Pas d’exception à la règle ! » C’est peu dire qu’après trois jours de partage et de complicité, les au revoir ont été pleins d’émotion. Une émotion que beaucoup envisagent déjà de revivre l’année prochaine. Deux élèves de l’ensemble scolaire Saint-Joseph de Toulouse accompagnent un monsieur en situation de handicap dans son pèlerinage. Laurence Pollet Crédit photo : Frère Jacques Vincent le Dréau