Angers

Une présence chahutée


Ne demeurent aujourd’hui qu’un collège, celui de la Cathédrale Saint-Maurice, et une communauté de Frères. Mais l’histoire de la congrégation à Angers a été riche et… chahutée.

Appelés par l’évêque d’Angers, les Frères des Écoles Chrétiennes s’établissent en 1741 sur la paroisse de la Trinité. Pour développer l’école primaire, le Directeur transporte sa communauté sur la paroisse Notre-Dame de l’Esvière, et ouvre un pensionnat "libre" avec une autre école gratuite, et un enseignement professionnel (commerce et navigation). Un an plus tard, il doit ouvrir une "pension de force", pour des jeunes et des adultes placés par la justice.
 
 

Écoles confisquées, écoles recréées

En 1782, l’œuvre se transporte à la Rossignolerie, paroisse Saint-Julien. En 1791, la Révolution supprime l’Institut des Frères, mais ceux de la Rossignolerie sont obligés de rester à leur poste, de peur que soient relâchés les individus de la pension de force, dont plusieurs aliénés. Fin 1792, ils deviennent les gardiens de 123 prêtres réfractaires (qui refusent le serment exigé du clergé) ; et fin 1793, des enfants des Vendéens. Finalement, ils doivent se disperser, et la Rossignolerie deviendra, en 1806, le célèbre collège David d’Angers.
 
Revenus en 1818, les Frères sont logés au tertre Saint-Laurent en 1820. Ils reçoivent bientôt la charge de trois autres écoles gratuites, Saint-Maurice, Notre-Dame et Saint-Joseph : 1 400 élèves et 230 adultes en 1853. Les écoles sont laïcisées en 1891, et la ville en confisque les locaux, appartenant aux paroisses ! Mgr Freppel riposte en ouvrant trois nouvelles écoles : Notre-Dame, Saint-Jacques et Sainte-Thérèse. La communauté du tertre Saint-Laurent disparaît en 1890 : seule demeure alors celle de Saint-Maurice (la communauté Saint-Serge débutera en 1897).
 

Œuvres de jeunesse chrétienne

Cette école Saint-Maurice, commencée en 1822, a été en effet transférée rue des Jacobins par Mgr Freppel en 1873, et est devenue alors une communauté autonome : le Frère Pierre Célestin lance le mouvement de la Jeunesse Chrétienne, qui durera jusqu’en 1953, et l’Amicale, qui existe encore. En 1894, l’établissement se développe du côté de la rue du Vollier. Après 1904, l’école continue avec des Frères "sécularisés" qui, pour enseigner, ont dû déclarer quitter l’Institut et renoncer au port de la soutane.

Entre 1913 et 1933, les Frères ajoutent au collège la maîtrise de la cathédrale (école de chant religieux). Et en 1943, le collège prépare l’ouverture d’une section technique commerciale.

Mais la demande instante faite par Mgr Chapoulie aux Frères du District de Nantes, de prendre par ailleurs en charge l’école technique Saint-Julien (qui est transférée en 1960 à La Baronnerie, à Saint-Sylvain-d’Anjou), en freine le développement.
 
Deux petites écoles - Saint-Laud (devenu Saint-Germain, boulevard de Strasbourg) et Saint-Pierre (sur la paroisse de Trinité) - voient partir leurs deux Frères en 1939. Les Frères restent à l’école Saint-Joseph, rue Franklin, jusqu’en 1957. Aujourd’hui, demeure une seule communauté de Frères, proche du collège de la Cathédrale Saint-Maurice, dernier établissement angevin sous tutelle lasallienne.
 

Frère Alain Houry

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